Témoignages
Marc l'artisan
7 février 2020

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Créé en 2019 sous sa forme associative, le GAB - Groupement des Artisans du Bâtiment – permet de proposer une offre globale qualitative aux artisans mais aussi une garantie de résultats aux clients. L’union des adhérents faisant aussi leur force, la formule s’avère 100% gagnante.
Explications avec René Voilliard, président du G.A.B implanté dans le Gard à Gagnières.

 

Comment vous est venue l’idée de création d’un Groupement d’Artisans du Bâtiment ?

L’idée a germé naturellement en 2008 alors que nous étions dans un contexte de réglementation thermique qui évoluait. Jusqu’alors, on travaillait sur la RT 2005 mais il fallait désormais s’acheminer vers la RT 2012. Ce qui impliquait de rénover et de créer des bâtiments plus économes en énergie. Face à cette nouvelle réglementation imposant à tous les acteurs de la chaîne de valeur du bâtiment de monter en compétence, il fallait trouver un nouveau modus operandi. Par exemple, pour le test d’infiltrométrie, en faisant travailler en étroite collaboration les entreprises impliquées sur un même chantier nous nous sommes très vite rendu compte que les chantiers de rénovation et de construction de bâtiment dits BBC ( Bâtiment Basse Consommation ) étaient plus aboutis  lorsque les différents intervenants synchronisaient leurs actions. Pour illustrer le propos, pour qu’un bâtiment soit économe en énergie, il faut que les différents corps de métiers travaillent en synergie. Le maçon, le plaquiste et l'électricien doivent se concerter et travailler ensemble pour créer cette enveloppe étanche à l’air. Le travail du coup est optimisé, la réalisation des travaux  millimétrée et la gestion du temps améliorée.

Il m’est apparu dès lors opportun de réfléchir à une notion d’offre globale et de relever le challenge. En rassemblant savoirs faire et compétences reconnues dans chaque entreprise, le regroupement d’artisans du bâtiment apporte une réponse à une demande tous Corps d'États

 

Quelle a été l’évolution de la démarche ?

Le principe était, au départ, de se regrouper sur un territoire local pour obtenir une plus grande efficience dans la prise en compte des projets. Alors dirigeant d’une entreprise gardoise spécialisée en rénovation (enduits à la chaux), et lorsque l’activité sur le département du Gard s'essoufflait, notre activité s’est déplacée sur les départements limitrophes et plus particulièrement le Vaucluse. Fort de l’expérience du Groupement dans le Gard, nous avons à plusieurs entreprises continué l’expérience initialement amorcée. Nous nous sommes regroupés officiellement sur le statut d’une SARL en juillet 2016 (société commerciale). L’idée d’un groupement sous la forme associative a ensuite germé dès 2017 et c’est en mai 2019 qu’elle a été constituée sous la forme d’une association répartie sur le territoire national de type loi 1901, le « Groupement des Artisans du Bâtiment ».

 

Combien comptez-vous d’adhérents et quels sont les critères de sélection ?

A ce jour, nous avons 147 adhérents répartis sur trois régions : Rhône Alpes, Occitanie et Paca. 98% de nos adhérents sont des dirigeants de TPE (moins de 10 salariés). Ils ont tous fait l’objet d’une sélection rigoureuse à partir de plusieurs critères : qualité, assurances décennales, obligations fiscales et sociales, Kbis de moins de 3 mois et bien sur savoir-faire. Pour une meilleure équité, seules les entreprises du bâtiment de moins de 49 salariés peuvent adhérer (prix de l’adhésion à partir de 477€ par an). Les entreprises de plus de 50 salariés sont considérées comme des partenaires et leur adhésion est négociée en fonction de la nature du partenariat.

 

Quels sont les services apportés par le GAB ?

Nos trois piliers fondamentaux sont l’apport d’activité, l’administratif et la communication.

L’intérêt pour une entreprise d’intégrer un groupement est de capter des marchés auxquels elle n’aurait pu accéder seule, pour des questions d’offre globale ou de taille du marché. De plus, toutes les entreprises connaissent (ou ont connu) des activités en dents de scie et la sous-traitance reste compliquée à gérer. Le GAB négocie des accords spécifiques avec les promoteurs et les industriels et permet ainsi à l’entreprise adhérente de pérenniser son activité tout en maîtrisant ses coûts.

Côté administratif, il est souvent difficile pour un dirigeant de TPE de tout gérer et d’être au fait des évolutions du secteur. Le bâtiment évolue constamment, tant d’un point de vue technique, technologique, législatif, administratif, etc. Aussi, si l’adhérent le souhaite, nous l’accompagnons, par exemple dans ses obligations légales (mise en place de CGV, Loi Hamon..), dans la mise en place et l’utilisation de logiciels métiers complexes qui peuvent le faire monter en compétences et lui faire gagner du temps, dans des postes comme l’archivage ou encore la communication, etc.

Enfin, pour les non initiés aux nouvelles technologies, au monde du numérique, nous avons en interne un community manager, qui, à moindre coût, peut aider à mettre en place une communication efficace, notamment sur les réseaux sociaux...

 

Depuis trois mois, vous proposez même des formations…

N’étant pas centre de formations, nous ne pouvons proposer des formations en internes. Toutefois nous avons des accords avec des centres de formation. Nous travaillons actuellement avec certains industriels qui par des techniques nouvelles ou des produits nouveaux font évoluer nos métiers. Ces évolutions dans nos métiers impliquent des besoins de formations qui peuvent être financées auprès des OPCO.  Nos métiers ne cessent d’évoluer et à une vitesse incroyable. De nouvelles techniques apparaissent sur le marché. De nouveaux matériaux. Les industriels du bâtiment avancent plus vite que les référentiels de formation traditionnels ! Je pense par exemple au métier d’iteiste (pose d’isolation thermique par l’extérieur) qui n’existait pas il y a une décennie. Comment former en dehors du circuit des industriels des professionnels si le métier lui-même ne s’est pas vu attribué un code APE ? L'industriel forme à l’utilisation d’un produit (en l'occurrence celui qu’il fabrique) alors qu’une formation doit s’ouvrir à tout type de produits et utilisations. Il est donc indispensable de se coordonner et de former les acteurs du marché de la construction et de la rénovation aux nouvelles techniques, aux nouveaux métiers. Depuis la réforme de la formation, il y a 18 mois, le GAB travaille avec des branches métiers pour faire valider les formations qui nous paraissent intéressantes pour les entreprises. Le remboursement de ces formations est l’un des volets sur lequel nous travaillons actuellement. Ainsi les professionnels pourront continuer à répondre aux exigences d’un marché en pleine mutation. 

 

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Quels types de formations favorisez-vous et à quelle cadence ?

En décembre dernier, nous avons organisé une formation dédiée à l’utilisation du logiciel de gestion Batappli. Courant février, nous avons programmé une formation sur la cyber sécurité. Il existe bien sûr des contrats de qualification professionnels mais l’idée est de pouvoir modulariser les formations. Avec toujours dans l’optique de permettre aux entrepreneurs de gagner en temps et en efficacité. En parallèle, nous organisons une fois par mois, dans chaque département, une animation réseau car il est important de se connaître en dehors du cadre du travail, pour beaucoup d’entre nous c’est le chantier. Cela nous permet de vivre des moments de convivialité, de mieux nous connaître et de resserrer les liens.

 

En tant que président du GAB, quelles sont vos perspectives de développement ?

De par mon expérience, je connais parfaitement les besoins des artisans. Je suis au conseil d’administration de la FFB du Gard depuis 2015. Auparavant, j’étais au Conseil Administratif de la CAPEB. Même si les TPE sont mieux considérées aujourd’hui par les organisations professionnelles qu’auparavant, elles sont encore trop souvent les laissées pour compte alors qu’elles constituent un poumon économique de premier ordre au niveau territorial. Le choix de création du GAB vient de la volonté de créer une structure pérenne dans laquelle les entreprises sont solidaires entre elles. Nous travaillons en concertation avec les chambres consulaires, les Régions, le Pôle Emploi et bien entendu les organisations professionnelles FFB & CAPEB. Nous n’avons pas vocation à concurrencer qui que soit mais plutôt à venir en appui auprès des acteurs existants. Aujourd’hui nous avons 4 antennes départementales (34,30,13 84), d’ici la fin du mois de janvier, 3 nouvelles vont être ouvertes (7, 26 et 83). Notre ambition est clairement de déployer le GAB sur l’ensemble du territoire national d’ici 2021.